Génie écologique

Léonard de Vinci, ingénieur écologue à ses heures, notait : « Les racines des saules empêchent l’effondrement des talus des canaux et les branches de saules, qui sont placés sur la berge et ensuite coupées, deviennent chaque année denses et ainsi on obtient une berge vivante d’un seul tenant »

Le génie écologique est un ensemble de techniques et une manière de concevoir qui associe l’ingénierie traditionnelle à l’écologie scientifique. Une association qui permet d’utiliser, à leur maximum, les capacités de résilience écologique des écosystèmes et certaines capacités du végétal et de la faune à façonner, stabiliser et épurer certains éléments du paysage (sols, pentes, berges, lisières, écotones, zones humides, …).

Le génie écologique permet de réaliser des aménagements urbains, hydrauliques, agricoles, etc. en s’appuyant et en jouant avec les processus naturels à l’œuvre dans les écosystèmes.

Connaissances & Techniques

Les entreprises de la filière du Génie écologique, en lien étroit avec le monde de la recherche, mobilisent des compétences pointues relevant de nombreuses disciplines : écologie, pédologie, hydromorphologie, etc. et recourent à des techniques extrêmement variées et spécialisées : utilisation de systèmes d’information géographique, étrépage, reméandrage de cours d’eau, réfection de berges à l’aide du génie végétal, etc.

Ces méthodes et techniques devant être adaptées à la complexité de chaque écosystème.

Qu’il s’agisse de compétences techniques ou scientifiques, un projet de génie écologique associe toujours de multiples savoir faire.

Le génie écologique contribue directement (et indirectement) à préserver et à développer la biodiversité, notamment par des actions de renaturation : restauration de milieux naturels dégradés.

Il peut aussi contribuer à optimiser les services écosystémiques : effets bénéfiques des écosystèmes pour l’Homme, voire les recréer ou les intégrer dans un environnement bâti.

Le génie écologique sert également à préserver et à développer l’écopotentialité d’un site : potentialité d’un site à développer des écosystèmes riches et diversifié.

 

 

ZOOM SUR LA RESTAURATION ECOLOGIQUE

Plongeant ses racines dans les sciences forestières (Marage, 2011) et en agronomie (Altieri, 1989), l’ingénierie écologique est apparue aux Etats-Unis il y a une quarantaine d’années et s’est développée lentement en France (Barot et al. 2012), avec un essor particulier dans la restauration écologique des milieux aquatiques.

Le terme de restauration écologique est entré dans le langage courant pour décrire des opérations réalisées sur l’environnement dans le but de réparer des dommages, des dysfonctionnements ou dans le but d’améliorer l’existant.

Selon les définitions de la SER* (SER 2004), la différence entre restauration, réhabilitation et réaffectation vient de la trajectoire ( La trajectoire d’un écosystème intègre son histoire et en particulier les contraintes et les forçages anthropiques qu’il a subis.) et de la référence que l’on prend comme objectif de l’intervention. Au sens strict, la restauration écologique a été définie par la Society for Ecological Restoration International (S.E.R., 2002) comme « le processus d’assister l’auto-régénération des écosystèmes qui ont été dégradés, endommagés ou détruits ».

*SER :Society for Ecological Restoration

Réaffectation

Réaffectation (ou création) : l’écosystème préexistant n’est pas pris comme référence (il est inconnu ou impossible à retrouver). Le but poursuivi est de créer de nouvelles fonctions écologiques ou de nouveau services écosystémiques qui sont jugés pertinents par les parties prenantes du projet. 

Réhabilitation

Réhabilitation : on choisit comme référence un état connu et préexistant de l’écosystème, même si la trajectoire naturelle est inconnue ou impossible à reconstituer.

Restauration

Restauration : c’est l’écosystème préexistant qui est pris comme référence dans toutes ses dimensions, y compris ses dimensions temporelles (structure, composition, dynamique).
La trajectoire à suivre pour un retour à un état antérieur est considérée comme connue et réalisable. L’objectif est de permettre à l’écosystème de recommencer à évoluer comme s’il n’avait jamais été perturbé (Chocat et al, 2013).